Au
VIIème siècle avant j.c., les Phéniciens découvrent le site de Tanger
et y implantent un comptoir prospère. Les nécropoles de Ain Dalia
sur le littoral atlantique et celles aux bords des anciennes lagunes
de Djebila sont les traces de cette occupation lointaine.
Vers
la fin du Véme siècle avant j.c., les Carthaginois débarquent sur
la baie de Tanger et empruntent les chemins intérieurs passant par
le site actuel de la médina pour acheminer leurs marchandises depuis
la campagne. C'est ainsi qu'apparaît le premier tracé de la rue Siaghine
et l'emplacement de la place Souk Dbarra ( place 9 avril).
En 440
avant j.c. Rome s'installe dans la région et fait de la cité de Tinjis,
la capitale d'un grand empire, la Mauritanie Tingitane. Les limites
de cette nouvelle cité sont données par les tombes découvertes tout
autour de l'actuelle médina (ex. nécropole de Marchan ) qui a épousé
à quelques différences près le plan de la ville antique : La rue Siaghin
reprend le tracé du decumanus maximus, la place Souk Dakhel est aménagée
à l'emplacement du forum et la grande mosquée est bâtie sur le site
de l'ancien temple.
Au début
du VIIIéme siècle, Tanger devient musulmane et Tarik Ibn Ziyad s'en
sert en 711 pour préparer et concrétiser la conquête d'Al andalous.
Sous les Almoravides, les Almohades et les mérinides, la ville garde
toujours son rôle de point de départ vers l'autre rive du
détroit.
A partir
du début du XVéme siècle, commence une longue série d'occupations
étrangères : En 1471, les Portugais occupent la ville et y construisent
une enceinte de protection flanquée de tours Semi-circulaires et de
bastions dont les traces sont toujours apparentes depuis Bab el Kasba
jusqu'à Bab Dbagh.
En 1661, les Anglais prennent possession de Tanger et renforcent son
système défensif par la création de quatorze forts et un môle.
En 1684, sous la pression des attaques et des sièges de la résistance
et des forces du sultan Moulay Ismail, les Anglais sont contraints
d'évacuer la ville après avoir démoli l'ensemble des fortifications.